|| Chapitre 1 ||

|| Chapitre 1 ||
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[ Paris - 8 juin 2008 - journee ]



... : Coralie ! Arrete donc de bouger et regarde un peu plus l'objectif s'il te plait !!



La jeune fille en question leva les yeux en l'air, signe d'une profonde exasperation. Elle regarda l'homme qui venait de lui lancer ses ordres et lui envoya un profond regard noir. L'homme, mal rasé, transpirant sous l'effet de la chaleur estivale, bafouilla un peu et repris son activite. Il se remit a tourner autour de l'adolescente, ne cessant jamais plus d'une seconde a pendre des photos.


Coralie : Jean... J'te jure que si tu te depeches pas, j'arrache cette satanee jupe que tu m'as forcee a mettre et je pars immediatement de cette seance-photo !!



Ce fut au tour du dit Jean de soupirer, relachant l'oeil de l'objectif pour se rabattre vers Coralie. Celle-ci le regardait d'un air mi-colerique mi-implorant.



Coralie : J'te jure, c'est de la torture de rester dans c'truc la ! Pourquoi j'peux pas mettre un baggy, hein ?

Jean : Coralie ... Sa fait tout sauf feminin un baggy, et tu le sais tres bien !

Coralie : Et vu que c'est pas feminin, c'est pas commercial, c'est sa ?

Jean : Malheureusement pour toi, en effet, un baggy c'est pas commercial sur une fille.



Coralie se mordit les levres de rage, sentant la situation en sa defaveur. A cet instant, une autre adolescente surgit d'une camionette garee non loin de la.



Manon : Bon, alors, t'en es où Sushi ?

Coralie : Je...

Jean : Mademoiselle en est nulle part, car Mademoiselle refuse de se laisser amadouer !

Coralie : J'te signale que si j'etais habillee normalement, la seance photo serait terminee depuis longtemps !

Jean : Mais bon sang, mets-y du tien ! Comment veux-tu qu'on bosse dans ces conditions ?!

Coralie : Moi aussi j'me le demande dis donc !



Jean, la main crispee sur son appareil photo, etouffa un juron entre ses dents, tout en fixant Coralie. Cette derniere, le regard sombre, semblait etre loin de demordre de son idee.



Jean : Okay.



Coralie regarda Jean, l'incomprehension se lisant sur son visage.



Jean : Va te changer, habille toi comme tu veux. Mais fais vite.



Coralie descendit tout de suite de l'estrade où elle avait du s'installer et se precipita vers la camionnette d'où etait sortie Manon quelques instants plus tot. Cette derniere pris aussitot place sous l'oeil morne de Jean, qui se remit au boulot l'air desabuse par la volonté des adolescents.

Manon n'entendit pas ce qu'il marmonna pour lui meme, mais les autres personnes presentes sur place comprirent tout de suite.


Jean : C'est vraiment la poisse de travailler avec des stars aussi jeunes ...




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# Posted on Tuesday, 19 June 2007 at 12:52 PM

Edited on Saturday, 23 June 2007 at 2:43 AM

|| Chapitre 2 ||

|| Chapitre 2 ||
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[ Paris - 8 juin 2008 - journee ]



Manon, une fois mise en place, commença a prendre differentes poses, sous les ordres de Jean. Malgré la chaleur, le soleil qui lui brulait les yeux et ses pieds endoloris par l'attente, Manon souriait a l'objectif, invariablement. Jean en etait ravi, et ne cessait de tourner autour d'elle, prenant photo sur photo.



Enfin, au bout de plus de quinze minutes de shooting, Jean libera Manon, qui se precipita pour se changer. Elle croisa Coralie et Antonin, qui venaient a leur tour pour se faire photographier. Antonin, l'air sombre, portait une chemisette blanche sur un jean delavé, les cheveux soigneusement mis en place par du gel. Jean, les voyant arriver, les apostropha, afin de les faire se depecher.



Coralie se remit en place, sous l'oeil enervé de Jean, qui restait fixé sur le baggy et le tee-shirt que cette derniere avait choisis. Cependant, il commença tout de meme son boulot, et au bout d'un tres long moment, il laissa Coralie partir, non sans lui avoir jeté un dernier regard qui en disait long sur ses pensees.


- soiree -



Il etait tard, et pourtant, aucun des quatres adolescents n'etaient fatigues. Rentres directement a leur appartement apres la seance de shooting, destinee a une quelconque presse pour jeunes, Coralie, Manon, Claire et Antonin s'etait precipités sur leurs instruments des leur arrivee a leur domicile.



Cela faisait bientot pres de trois heures qu'ils etaient tous les trois dans leur piece d'instruments, a jouer, cherchant des nouvelles melodies, essayant des nouvelles choses, cherchant, tatonnant, ecrivant des petits bouts de compositions sur des vieilles lignes de partitions. Coralie, une guitare seche dans les bras, enchainant les accords et les arpeges, sous l'oeil avisé de Claire, qui cherchait une ligne de basse a caler sur la melodie. Antonin, tranquillement adossé au mur, faisait tourner ses baguettes dans ses mains, les pieds sur une cimbale. Manon chantonnait dans ses levres, notant parfois des paroles sur un vieux carnet.



Tous les soirs, ils se faisaient une seance de travail, tous les quatre. Ils ne parlaient pas beaucoup, mais ils n'en avaient pas besoin. Tout se faisait grace a la musique, et ce depuis toujours.



Avant, il y a deux ans, ils jouaient encore dans leur petit local, au fond d'un jardin, assis sur leurs petits amplis. Ces repetitions avaient renforcé leur liens, les rendants plus soudés que jamais. Ils avaient acquis une excellent methode de travail, basee sur le perfectionnisme constant. Ils allaient sans cesse dans ce local, pour faire de nouvelles compos.



Puis il y avait cette occasion qui leur avait etee offerte : la premiere partie d'un bon groupe regional dans une grande salle de concert. Et tout s'etait declenchee a partir de cela. Les concerts, les festivals, les rendez-vous chez les maisons de disques s'etaient succedes, et plus d'un an apres, ils etaient devenus la nouvelle revelation rock française, le succes accourant vers eux.



Ils etaient The Black Liberties, et tout ne faisait que commencer pour eux.



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# Posted on Saturday, 23 June 2007 at 2:43 AM

Edited on Saturday, 23 June 2007 at 3:18 AM

|| Chapitre 3 ||

|| Chapitre 3 ||
A partir d'ici, j'alternerai le point de vue dit « omniscient » et le point de vue intérieur de Coralie ( moi –' ).


[ Paris – 9 juin 2008 – journée ]


][Point de vue intérieur de Coralie][



Comme tous les matins, je me réveille la première, a six heures. Je sais, c'est tôt, mais je n'arrive jamais a dormir plus, ce qui désespère Claire, Manon et Ant'. Je profite de la douceur de ma couette encore quelques instants, « No more Sorrow » de Linkin Park a fond dans mes oreilles, puis me lève, chancelant a travers les partitions, les magazines et les vêtements qui traînent sur le sol de ma chambre. Cette dernière a beau être spacieuse et disposer de nombreux rangements, elle est sans cesse en désordre.



Arrivée enfin à la porte, je sors dans le couloir pour me précipiter vers la cuisine, à la recherche de mon meilleur ami, c'est à dire le pot de Nutella. J'ouvre successivement quatre placards et finit par, enfin, trouver l'objet de mes désirs. M'emparant d'une cuillère, je m'affale ensuite sur le canapé du salon et allume la télévision. Je tombe sur Europe2TV, chaîne de musique inconditionnelle pour nous quatre. Les clips s'enchaînent et un bandeau s'affichant en bas de l'écran indique la suite des programmations.



Mon regard s'arrête sur « 6h15/6h45 : Des nouvelles de Tokio Hotel à Paris ». Mon cerveau fait une recherche rapide dans sa partie dite de la mémoire : depuis quand ils sont à Paris ceux-là, hein ? J'ai le temps d'engouffrer la moitié du pot de Nutella avant que le reportage ne commence. Les images se succèdent et je suis bien forcée de constater que les Tokio Hotel ont envahi Paris depuis plus d'une semaine sans que je sois au courant. On me cache des choses dans ce pays, y'a pas à dire.



A la fin du reportage, et accessoirement à la fin de mon pot de Nutella, j'ai réussi a comprendre qu'ils étaient à Paris pour encore plusieurs jours. J'ai beau faire partie d'un groupe connu dans toute la France, j'en reste pas moins une adolescente comme les autres. Depuis plus de deux ans, je suis une inconditionnelle de Tokio Hotel, de même que Claire. Mais nous ne sommes pas des groupies, nous n'avons pas de chaleur en les regardant, ou presque, et surtout toute la médiatisation et le côté commercial de leur concept ne nous intéresse pas. En tant que fan musicienne, c'est la musique que j'aime et dont je suis vraiment fan.



Je me mets a zapper sur les différentes chaînes de musique du câble avant d'éteindre la télévision et d'aller me précipiter vers le bureau. L'ordinateur m'attend patiemment, comme tous les matins. Je pousse la porte, afin de ne pas réveiller Ant', dont la chambre est en face du bureau, et me connecte sur MSN. Personne. En même, j'peux pas dire que se soit l'heure. Qu'importe, je vais sur Internet, afin de mettre notre site officiel à jour. Tous les matins, je m'en occupe, je mets de nouvelles photos, de nouvelles compos, surveille les messages qui s'échangent sur le forum, répond aux e-mails.



Au bout d'une heure, j'ai enfin fini, et je commence à entendre du bruit dans l'appartement, signe que je ne suis pas la seule humaine. Je sors du bureau, tombant nez à nez avec Ant'. Ce dernier ne semble pas s'apercevoir de ma présence, les cheveux tombant sur ses yeux encore endormis. Je le contourne, rentrant dans sa chambre, pendant que celui-ci se précipite aux lieux d'aisance. Les toilettes, si vous préférez.



Une fois rentrée dans la chambre de notre valeureux batteur, je tends péniblement un bras vers la fenêtre, et l'ouvre, afin d'aérer la pièce qui sent le fauve. Je refaits rapidement le lit, ne supportant pas la vue d'un pareil champ de bataille, et ressort satisfaite. Mon côté mère-poule s'est exprimé.



Je longe le couloir, passant les portes de la salle de bains, celle des toilettes, ainsi que celles des chambres des filles et de la salle d'instruments. J'arrive dans la cuisine, rallume la télévision en fond sonore, et me mets à faire le petit-déjeuner, une autre de mes furieuse habitudes de mère-poule. Cependant, je sais que cela ne déplait pas à Ant', car il est tellement crevé le matin qu'il n'est pas capable



Le temps que le café noir de Monsieur soit près, Manon, tout juste réveillée, arrive, l'air tout aussi motivé que Ant' quelques minutes avant. Au premier coup d'½il, je m'aperçois qu'elle a pas toutes ces capacités.



Coralie : Mon dieu, pourquoi j'suis la seule à être fraîche de bon matin ? --'

Manon : Parce que t'es la seule qu'arrive a dormir cinq heures par nuit sans problèmes.

Coralie : Excellente réponse XD

Manon : Mon dieu ma teeeeete ...

Coralie : --' T'aurais pas abusé sur la bibine hier soir, par simple hasard ?

Manon : J'ai pas bu.

Coralie : J't' ai entendu sortir avec Claire hier soir XD



Sur ces mots, Claire, toute aussi fraîche que Manon, arrive dans la cuisine, les yeux presque fermés, la main sur la tempe droite.



Manon : Rodées.

Claire : De quoaaa ?

Coralie : J'vous ai entendues sortir hier.

Claire : Et merde.

Manon : J'ai mal a la teeeeeete.

Coralie : Tu portais mieux l'alcool avant. Comme quoi, tout se perd.

Claire : Beeeeuh sa touuurne.

Coralie : T'es gentille, j'ai tout nettoyé hier, alors si tu tiens a rejeter ton alcool, tu vas de-hors !

Claire : Du cafééééé, il me faut du caféééé.

Coralie : C'est comme si c'était fait XD



Je lui passe une tasse et verse le liquide chaud dedans, et de même pour Manon. Les deux se précipitent dessus, dans l'espoir d'atténuer leur gueule de bois. Je les regarde en souriant, amusée par la situation.


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# Posted on Monday, 25 June 2007 at 11:58 AM

|| Chapitre 4 ||

|| Chapitre 4 ||
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[ Paris - 9 juin 2008 – journée ]

][Point de vue omniscient][



Après trois tasses de café brûlant chacune, Manon et Claire avaient enfin fini par décuver, et semblaient retrouver un semblant d'énergie, conversant avec Coralie. Antonin, quant à lui, s'était écroulé dans le canapé vers huit heures du matin et s'était endormi dedans, ne donnant plus de signe de vie depuis.



N'écoutant que leurs courages, ses trois amies avaient décidé de lui concocter une petite surprise, dans l'espoir de le réveiller. S'approchant silencieusement, armées de verres d'eau, les adolescentes se retenaient pour ne pas éclater de rire. Au signe silencieux de la bassiste, elle versèrent d'un coup le contenu de leurs verres sur la tête de la pauvre victime, qui bondit d'un coup et tomba un côté du canapé.



Antonin se releva sous les rires perçants des filles, qui n'en pouvaient plus. L'air furieux, les joues rouges de honte, il grommela quelque chose et se précipita ensuite vers sa chambre, le tee-shirt collant au corps.



Au bout de dix minutes, calmées, les filles se rendirent dans la chambre du batteur, voulant s'excuser. Elle rentrèrent doucement, et virent que le jeune garçon s'était à nouveau endormi sur son lit, torse nu, le tee-shirt trempé reposant à terre. Déconcertées, elle allaient repartir quand Claire, le sourire aux lèvres, bondit sur le lit, s'effondrant à son tour sur Antonin.



Elle fut immédiatement suivie de ses deux camarades, formant ainsi un amas de jambes et de bras enchevêtrés. La séance se finit dans les cris et les rires, la bonne humeur présente, tels quatre frères et s½urs.



- un peu plus tard -


Courant à en perdre haleine, les quatre jeunes gens tentaient de se frayer un chemin à travers la foule compacte qui stagnait dans les rues parisiennes. Essouflée, Coralie s'arrêta, immédiatement imitée par les autres.



Claire : Pour... Pourquoi...notre... chau... ffeur est... malade... aujourd'hui ?



Reprenant difficilement sa respiration, la jeune fille se laissa tomber par terre, s'asseyant à même le sol.



Antonin : Parce que on est des pas chanceux d'la vie.

Claire : Sûrement ouais... Nan mais quand même, c'est une de nos journées les plus importantes, et évidemment, faut qu'on soit privé de voiture, que les métros soient en grève et qu'on soit obligé d'aller à pied jusqu'au studio de télé ...

Coralie : On a vraiment la poisse sur ce coup là, je reconnais !

Manon : Allez, on y va là, on va être en retard comme pas possible ! Claire, lèves-toi allez ...



La chanteuse saisit la main de son amie, la levant avec volonté. Une fois la bassiste sur ses pattes, les quatre jeunes se remirent à courir, évitant les passants, zigzagants entre eux. Enfin, au bout de cinq minutes, il arrivèrent face à un grand bâtiment, et se précipitèrent à l'intérieur.



A peine eurent-ils franchi l'escalier d'entrée, un homme d'environ 38/40 ans se dirigea à grandes enjambées vers eux, les dépêchant du regard.


Laurent : Allez, allez ! C'est pas qu'on est en retard là, mais carrément que si quand même !

Coralie : Ouais mais bon voilà quoi hein.

Laurent : Euh ... Tous avec toi Coralie là !

Coralie : Morte de rire...

Laurent : On est deux comme çà !



Grand sourire Colgate. Coralie leva les yeux au ciel, ce qui déclencha une moue amusée chez son manager. Prenant la jeune fille par le bras, il invita les trois autres à le suivre dans les profondeurs de l'endroit.



Après avoir parcourus plusieurs couloirs et traversé quelques bureaux, ils arrivèrent dans une grande pièce, qui fourmillait d'activités. Manon regardait autour d'elle, comme une petite fille devant son jouet préféré, le sourire aux lèvres. La chanteuse eut à peine le temps de poser sa veste avant qu'un coiffeuse ne lui saute dessus, criant à qui voulait l'entendre qu'elle avait besoin d'un fer à lisser de toute urgence pour dompter les cheveux blonds qui s'offraient à elle.



Laurent, conscient de l'état de sa protégée, allait ouvrir la bouche pour sortir une parole, quand une arrivée dans la salle fit baisser le niveau sonore immédiatement.


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# Posted on Tuesday, 26 June 2007 at 10:10 AM

|| Chapitre 5 ||

|| Chapitre 5 ||
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[ Paris – studio de télévision – 9 juin 2008 – journée ]

][Point de vue omniscient][



La personne qui venait d'entrée n'était que le présentateur, mais c'était une vedette, et le silence s'imposait dès qu'on le voyait. Il gérait son émission musicale depuis des années, avait interviewé les plus grands, de Linkin Park à My Chemical Romance, en passant par Muse, Lostprophets ou encore Green Day. En voyant une telle personne devant elle, Coralie ne put s'empêcher de l'envier d'avoir pu rencontrer toutes ces personnes.



Les quatre adolescents ne furent prêts qu'au bout d'une demi-heure, et l'enregistrement de l'émission dura plus d'une heure, entre l'interview et les chansons à enregistrer. Enfin, ils furent libérés, purent aller se démaquiller, se rhabiller selon leur envie.



Cela avait beau être leur lot quotidien, a chaque fois, ils en ressortaient avec une impression étrange. Se dire que l'on est devenu une célébrité, aussi jeune, aussi vite, est dur à gérer et, même s'ils avaient gardé les pieds sur terre, ils continuaient à garder cette candeur qui les caractérisaient parfois dans le milieu.


][Point de vue intérieur de Coralie][



J'ai l'impression que ma tête va exploser. J'ai les yeux encore pleins des projecteurs du studio et je me repasse en boucle tout l'enregistrement. A côté de moi, Antonin écoute un morceau de Iron Maiden, mimant les coups de batterie. Claire et Manon sont en pleine discussion avec Laurent, qui leur récite, comme s'il l'avait appris par c½ur, le programme de demain. Je tends l'oreille, histoire de choper quelques infos au passage.


Laurent : Bon alors demain, assez tôt, vous avez des interviews pour les presses de jeunes, avec des photos shootings, ensuite vers onze heures, on a les balances de son au Bataclan, à midi on mange rapide avant d'aller aux studios de France 2, là-bas, on enregistre pour l'émission de samedi prochain, après on revient rapidement au Bataclan pour faire les répétitions et le soir, concert !

Claire : Beeuh va encore falloir se lever tôt ... -____-

Laurent : Dis toi que c'est pour la bonne cause, okay ? XD

Claire : Et y'aura qui d'autres comme artistes à France 2 ?

Laurent : Pffiou je sais plus exactement, mais il me semble qu'il devrait y avoir Superbus, Mika... et euh ... y'aura Tokio Hotel, ça je sais et puis ...

Manon : Tokio Hotel ?!

Laurent : Euh... ouais, pourquoi ?

Manon : Tokio Hotel comme Tokio Hotel ?!

Laurent : Non non, Tokio Hotel comme Michel Sardou –' A ton avis, eh banane ?

Coralie : C'est PAS une banane, c'est un zebra =)

Manon : Parfaitement. Non mais voilà quoi, 'tin , les Tokio Hotel quand même !

Coralie : Avec la chance qu'on a, ils vont arriver quand on partira, ou inversement ...[/c]

Claire : Mouais, qui sait, peut être qu'on pourra les croiser quand même XD

Manon : Croiser Tooooom *____*

Coralie : u___U

Claire : Croiser Geooooooorgbave

Coralie : ..... ><

Laurent : Mon dieu, mon dieu, mon dieu, qu'est ce que j'ai fait pour être manager d'adolescentes en chaleur –'

Coralie : Tellement de choses, si tu savais XD

Manon : Dans tes deeeeeeeeents

Laurent : --'

Coralie : Mon zebra, t'sais que tu fais peur des fois OO' ?

Manon : HAHA je sais XD

Coralie : Dans tous les cas, si on les voit c'est super, si on les voit pas, c'est nul, mais au moins on passe quand même en PRIME devant toute la France alors bon vaut mieux penser a sa –'

Claire : Tu casses tout Coralie v__v

Coralie : Je saaaaais XD

Claire : Et elle en est fieeeeeeeere en plus ><

Coralie : Euh ... OUAIS !



J'lui lance un grand sourire, et elle me répond par un de ses smiles Colgate internationallement connus. Brillance et blancheur assurées. Laurent pousse un grand soupir, et se met à parler avec le chauffeur de taxi, qui semble un peu fatigué de notre énergie débordante.



[Lendemain]



Depuis ce matin, on arrête pas de courir, au sens figuré. On a accordé plusieurs interviews, répondu a des dizaines de questions, pris des tas de photos, changé plus de cinq fois de tenues, ingurgité plus de six litres d'eau.



En ce moment, nous sommes dans notre mini-car, en route vers le studio de France2. Au début de notre célébrité, nous avons engagé un chauffeur, sous la demande insistance de Laurent, mais à la seule condition que nous choisissions le véhicule. Au grand désespoir de notre manager, nous n'avons pas opté pour un magnifique et sobre van noir, au contraire. Nous avons investi dans un mini-car huit places, blanc d'origine.



Nous l'avons redécoré a notre goût, avec des dessins de chaque membre du groupe, notre nom, des phrases d'hommes célèbres, et un peu de tout en fait. Au moins, on le reconnaît de loin, par tous les temps. Au début, Laurent a râlé pour la forme, mais il s'est vite attaché a notre mini-car, et s'est fait son petit coin détente à l'intérieur.



Cela fait dix minutes que nous sommes coincés dans les bouchons, et notre chauffeur, de plus en plus nerveux, n'arrête pas de passer des coups de fils pour avertir de notre retard, tout en insultant les gueux qui essaient de nous doubler. Enfin, après une longue attente, nous arrivons a destination.



Ant' sort le premier du mini-car, et tombe nez à nez avec une centaine de filles. Il ouvre des grands yeux, reste la bouche ouverte. Grand silence. Elle attendent les Tokio Hotel, certainement, et ne s'attendaient pas à nous voir débarquer à la place. Je descends à mon tour, suivie de Manon et Claire, et nous entourons notre pauvre batteur.


Claire : Eh... euh, Ant'... Allez, on bouge là-dedans !

Ant' : Hué ...

Manon : Allez LET'S GOO !!



Le cri de guerre de Manon fait un peu peur aux filles du premier rang qui nous regardent bizarrement. Une des leurs, la poitrine fièrement tatouée d'un « Bill ich liebe dich » nous fait un signe de la main. Claire s'approche d'elle.



Claire : Oui ?

... : Euh oui, excuse-moi, mais vous seriez pas le groupe The Black Liberties pas hasard ?

Claire : Ben si, c'est bien nous =)

... : Coool !! Dis, j'peux avoir un autographe s'il te plait ?

Claire : Oui, si tu veux .



Elle dégaine un marqueur noir de sa poche, et saisissant le papier que lui tend la fille, signe rapidement. Manon s'approche à son tour, fait de même, puis me passe le papier. Je signe dans un coin, regarde rapidement le document atterrir dans la main d'Antonin. Je jette un ½il vers l'adolescente, la contemple. Elle m'a l'air totalement hystérique des Tokio Hotel, et pourtant m'a l'air sympathique. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences.



Laurent finit par venir nous chercher, nous attrapant par les épaules pour nous presser. Quelques filles, à qui nous avons eu le temps de signer des autographes, nous remercient, puis nous nous dirigeons vers le bâtiment imposant.


][Point de vue omniscient][



Les instruments sont installés sur scène n'attendant que leurs propriétaires, The Black Liberties. La batterie est installée dans le fond de la scène, légèrement surélevée. Une basse turquoise, frappée du logo, et une guitare Gibson Custom, bleue également, reposent, les sangles retombant sur les cordes.



Dans les loges, les quatre adolescents savent qu'ils n'ont droit qu'à une prise, toute erreur est interdite. Une dernière recommandation, et il rentrent dans l'arène, sous les applaudissement d'un public chauffé a bloc. Le silence se fait, ils sont prêts.



Ils ne le savent pas encore, mais quatre jeunes allemands, arrivés a l'insu de tous, les observent, impassibles, depuis les coulisses.



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# Posted on Thursday, 28 June 2007 at 10:54 AM